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18 Mai 2012, St Eric
Chapelle a oie
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LA LIBERATION DE LEUZE

Après différentes tentatives depuis septembre 1940, un groupe de Résistants qui deviendra l’A.S. se forma en février 1941. Il comprenait Jean Dujardin, Doublure, Destrebecq, Jean Pluvinage et Nestor Maton. Le travail effectué consistait alors à prendre des renseignements (réseaux Zéro, Mill Bayard et Lion Belge, avec Max de Groeve, Foubert Leleux et Germain Wallez), à examiner les possibilités de nuire à l’ennemi. Les routes de la région furent souvent parsemées de clous crabes, ce qui empêcha notamment une colonne de munitions montant en ligne pour le front de Normandie de s’y trouver dans les délais fixés. Elle arriva avec un retard de plus de 36 heures ! En juin 1941, apparut le premier numéro du journal clandestin « Nous vaincrons » ; peu après, sortirent des publications sous l’indicatif Escaut-Dendre avec l’aide de Joseph Delbecq. D’autres journaux furent également incriminés : « Le Disparu » (André Mortier, Albert Valissant), « Renaissance » (Jean Pluvinage, Elie Motte, Georges Jouret et Gustave Brabant). En 1942, Pluvinage et Matton formèrent une section du MNB. En juillet 1943, Jean Dujardin décéda et fut remplacé par Destrebecq. L’Armée Belge se reforma et créa des groupes à Ligne, Chapelle-à-Oie, Grandmetz, Chapelle-à-Wattines, Pipaix, Maulde et Thieulain. A partir de ce moment, des entrevues suivies et régulières eurent lieu entre Pluvinage et Destrebecq. Un accord d’alliance intervint entre l’Armée Belge et le MNB, le premier qui recevrait des ordres marcherait avec l’autre. Durant ces réunions clandestines, diverses questions étaient envisagées : unification de l’action à l’heure H, plan d’action, renseignements civils et militaires, administration civile et ravitaillement (en accord avec les autorités communales légales, établissement d’un service de ravitaillement militaire qui prépara tous les dossiers et qui le 3 septembre 1944, fournit une aide précieuse aux services communaux). Signalons aussi, outre l’aide aux réfractaires, l’hébergement des aviateurs alliés tombés dans la région et l’aide offerte aux parachutages du Warr Office par le groupe d’action du MNB.

Arrestations

Durant ces années sombres de l’occupation, Libre Arthur et Van Boucq Arthur furent condamnés à mort et fusillés. Quatre Leuzois furent déportés en Allemagne et moururent dans les camps de concentration. Il s’agit de Dochy Edmond, Joseph Dépelchin, Lolivier Charles, Dumont Joseph, doyen de Leuze. Ce dernier fut arrêté en novembre 1943. Les Allemands prétextèrent qu’il s’était opposé à l’enlèvement des cloches. Quant à Joseph Dépelchin, il fut emmené le 4 septembre 1943. Faisant partie du réseau Mill, il avait hébergé un Liégeois qui, après avoir été entraîné en Angleterre, avait été parachuté à Leuze. Sa mission consistait à surveiller les activités du champ d’aviation de Chièvres. Sur la route de Paris, cet agent fut capturé et torturé atrocement, il dévoila sa « planque » leuzoise.

2 septembre 1944

Le 2 septembre 1944, un ordre du Colonel C.T. 14 enjoignit les Résistants à jeter des clous sur les routes et à détruire les panneaux de signalisation. Un groupe d’action, sous le commandement d’Elie Motte et de Julien Vivier accomplit cet ordre et lança une quarantaine de grenades sur la route d’Ath. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, les Allemands refluaient. Vers deux heures du matin, un groupe de quatre hommes, Delmeulle Emile, Glineur Henri, Laurent Fernand et Bauffe Georges, arrivèrent armés de leurs mitraillettes sur la place près de l’église de Leuze. Un général allemand s’était réfugié au café Verulpens, rue du Gard pour y passer la nuit. La voiture se trouvait près du couvent. Le chauffeur révéla où se cachaient son supérieur et le lieutenant qui l’accompagnait. Les Résistants pénétrèrent dans l’estaminet. Le général voulut se sauver par un lanterneau. Ils entendirent du bruit et purent in extremis le capturer. Peu de temps après, ils perçurent un bruit de moteur venant de la Grand-Rue ; ils se rendirent bientôt compte que plusieurs camions allemands s’arrêtaient à moins de trente mètres d’eux. Conscients du danger, ils se terrèrent près de l’abri public et payant d’audace, Fernand Laurent tira deux coups de fusil qui eurent pour résultat de faire faire demi-tour aux camions. Le jour pointait, ils décidèrent de rentrer avec la voiture prise à l’ennemi dans le courant de la nuit. Vers 7 h 30, les Résistants montés sur ce véhicule, se dirigèrent vers l’église où ils rencontrèrent un camion occupé par une quarantaine d’Allemands. Il arriva à la rue Tour Saint-Pierre en face de la pharmacie de la Maison des Mutualistes et se dirigea vers Renaix. Le chauffeur s’aperçut alors qu’il suivait une fausse direction. Il voulait aller vers Bruxelles ; il redescendit donc vers la maison communale. Arrivés là, des Résistants tirèrent sur ce camion. Mauvais réflexe du conducteur, au lieu d’accélérer, il stoppa. La fusillade se poursuivit. Les Allemands qui descendaient du véhicule furent fauchés. Les quatre morts, les 15 blessés et les prisonniers furent emmenés dans la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville. Pendant ce temps, le camion fut conduit dans une autre rue afin de ne pas éveiller les soupçons des autres Allemands qui pouvaient emprunter le même chemin.

Massacres

Le dimanche 3, aux premières heures, l’ordre de mobilisation fut donné à Leuze et dans les villages environnants. Les deux chefs de groupe Pluvinage et Destrebecq dirigèrent les opérations : Pluvinage à l’Hôtel de Ville et Destrebecq au P.C. de la Grand-Place. Dans la journée, un incident tragique endeuilla la région de Leuze. Partis une première fois à Chapelle vers 11 h 30, les Résistants avaient ramené sept prisonniers. Vers 15 heures, ils y retournèrent. Une dizaine d’hommes sous le commandement de Mortier restèrent sur place. Ils furent reçus par des rafales de mitrailleuses sur trépieds. Mortier revint chercher des renforts anglais  et s’en retourna une demi-heure après avec une chenillette anglaise. Les hommes restés sur place avaient pris position de part et d’autre à cinquante mètres du carrefour. La chenillette anglaise arriva et fut reçue par trois obus antichars. Elle fit demi-tour. Sur ce, une cinquantaine d’Allemands dont des SS montèrent à l’assaut des positions occupées par les Résistants. Ceux de droite tirèrent jusqu’à leur dernière cartouche. Sans munitions et attaqués à la grenade, ils furent obligés de se rendre. Les Allemands en ricanant leur dirent : « Nous ne faisons pas de prisonniers… » Et ils les achevèrent à la mitraillette. Tombèrent sous les balles ennemies Arthur Delbecq, Georges Dufour, Edgard Dupriez, Marcel Kestremond, Albert Louette, Joseph Dubuisson d’Ormeignies et Hervé Papier, mort de ses blessures à l’hôpital. Jules Vilette et Henri Dubrunfault firent le mort. Dubrunfault se replia. Les morts, sauf Kestremond, furent tous dépouillés par les SS. Robert Boucq, Louis Dupire, Lucien Calemache, Georges Soyez de Chapelle-à-Wattines, Dubruille, Mayne Albert de Chapelle-à-Oie et Oscar Miroir furent également tués lors de la même action. Vers 7 heures, un groupe sous le commandement de Motte et Vivier entra en action dans le centre de la ville et à la chaussée de Tournai. Ils rencontrèrent des Allemands qui furent faits prisonniers et désarmés. A ce moment, un canon antichar se mit en batterie au bois de la Catoire. Le même groupe de Résistants s’y rendit pour faire l’assaut du canon et le neutraliser. Les Résistants furent reçus par des rafales de mitraillettes et de canon. Le courrier Bertha Génard sous les rafales revint à Leuze pour demander du renfort et surtout pour rapporter des armes. Une quinzaine d’hommes commandés par A. Michez, arrivèrent bientôt. Le combat continua durant une demi-heure. Alphonse Huin fut tué.

Une auto-blindée, un auto-camion et 130 Allemands environ se mirent en action contre les Résistants dans la chaussée de Tournai. A court de munitions, le commandant de groupe Motte donna l’ordre de repli. Certains s’embusquèrent dans les maisons, d’autres se replièrent vers le centre de la ville. Un groupe se dirigea vers Sobelta pour protéger l’aile droite. Là, le combat s’engagea avec l’ennemi. D’autres revinrent par la Place du Jeu de Balle pour protéger l’aile gauche. Motte et Vivier, armés de mitraillettes se postèrent au carrefour de la Grand-Place. A ce moment, le groupe fut attaqué par derrière (direction de la gare). Motte et Vivier se portèrent vers ce lieu et dispersèrent 7 à 8 Allemands qui repartirent le long du chemin de fer pour se mettre hors de portée des deux mitraillettes. Motte et Vivier montèrent au second étage de l’Hôtel de la Couronne et continuèrent à tirer au fusil. Les Allemands disparurent vers le bois de la Catoire. Les deux autos allemandes précitées traversèrent la ville. De nouveau, ils essuyèrent des fusillades. A ce moment, Léon André, Oscar Buffet et Delory furent blessés. Ce dernier mourut des suites de ses blessures.

Une autre équipe de Résistants conduite par Arthur André se replia par le quartier Bon Air afin de prendre à revers les éléments allemands cités plus haut. Des combats eurent également lieu à l’Hôtel de Ville. Une mitraillette, un révolver et une dizaine de fusils furent postés dans la tour. Certains éléments allemands, dont quatre camions et un char léger parvinrent en tirant jusqu’au carrefour dit « Au Tot ». Les Résistants entrèrent immédiatement en action. La mitraillette manquant de munitions, les Allemands pénétrèrent dans le hall où ils tirèrent quelques coups de feu. Ils se retirèrent emportant morts et blessés. Des fantassins ennemis poursuivirent des Résistants dans les maisons derrière l’église mais se retirèrent sans succès. Grâce à la défense acharnée de la Résistance, les Allemands ne purent entrer en action contre les troupes anglaises. 

Les résultats furent positifs : 4 officiers, 301 sous-officiers et soldats, 21 blessés furent faits prisonniers. Une trentaine de blessés furent enlevés par les Allemands et une vingtaine de tués furent laissés sur le terrain. Les groupes de Pipaix et de Ligne capturèrent une cinquantaine de prisonniers qui furent évacués sur Vezon et Ath.
La Résistance rendit de nombreux services dans les jours qui suivirent la Libération : aide immédiate à la police et à la gendarmerie, arrestation des traîtres, aide au service du ravitaillement, renseignements aux troupes anglaises (200 soldats furent hébergés à Leuze), garde des prisonniers, patrouilles dans les bois et le long des chemins de fer. A signaler que les dépôts du Bonnet Rouge, du Bois Courbé avaient sauté partiellement le vendredi 1 septembre. 

 

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Vendredi 22 Février 2008Poster un commentaire
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